MOBILISATION GÉNÉRALE

De l’illusion de la démocratie

De l’illusion de la démocratie.

Démocratie, le pouvoir au peuple, désigne notre système de gouvernement par élection. Pourtant, ce système est exactement l’inverse d’une démocratie.

D’emblée, et pour être bien clair, reprenons en substance les mots d’Etienne Chouard (youtube Etienne Chouard Arrêtez de voter https://www.youtube.com/watch?v=sM0Cafj1oy0) : “Nous (les peuples) avons besoin de mettre au-dessus de nous des représentants pour produire et appliquer un droit écrit qui nous protège contre l’arbitraire des plus forts. Ces gens-là sont très utiles, évidemment, ils produisent un droit dont nous avons besoin pour pacifier notre société mais en même temps, ils sont très dangereux ! C’est à dire qu’ils pourraient se mettre à servir les intérêts d’une caste au lieu de servir l’intérêt général, ou à abuser du pouvoir en devenant fous puisque le pouvoir les rend fous systématiquement. Tous les pouvoirs ont une tendance à abuser et il y a une idée géniale pour nous protéger de ça, c’est la Constitution. Alors, la Constitution, qu’est-ce que c’est ? C’est un texte qui est au-dessus des pouvoirs pour les affaiblir, les inquiéter, pour nous protéger des abus de pouvoirs. Tous les citoyens devraient savoir ça. Mais…. attendez… si les représentants doivent craindre la Constitution, il ne faut pas qu’ils l’écrivent eux-mêmes ! Sinon ils vont programmer leur puissance et notre impuissance. Un enfant comprend ça…”

Il faudrait apprendre à s’étonner de plein de choses. Par exemple, si la Constitution est si essentielle à notre moyen de fonctionner, comment se fait-il qu’on ne l’apprenne pas dès l’école ? Il n’est pas étonnant que peu de gens sachent à quoi elle sert puisqu’on nous le cache soigneusement.

Dès 1789, les constituants étaient des nobles, des riches et ils ne voulaient surtout pas d’une démocratie. A l’époque, ils avaient peut-être raison, les circonstances étaient différentes et on ne peut pas transposer. Mais ce qui est certain, c’est que “démocrate” était une insulte à l’Assemblée. Citation de l’Abbé Sieyes, l’un des pères de la révolution française : « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » (Discours du 7 septembre 1789, intitulé précisément : « Dire de l’abbé Sieyes, sur la question du veto royal”)

Le mot démocratie est apparu dans le langage politique par démagogie, par promesses déguisées afin de plaire au plus grand nombre (et nous sommes le plus grand nombre, 99%). Il a pris une telle dérive sémantique qu’on a fini par réellement penser que c’était effectivement notre forme de politique. Depuis l’école, on apprend que l’élection, c’est la démocratie. On élit même nos “chefs de classe”. Ce sont d’ailleurs souvent “les meilleurs” qui se présentent. Bref, on est en droit de se demander pourquoi tout est fait pour détourner ce mot de son sens initial.

Nous vous invitons à aller lire la page du site : Le citoyen qui ne votait pas http://www.yokho.eu/democratie dont voici l’introduction

“Défauts de notre système par élection/représentation dit “démocratique”

• Le clivage droite / gauche : Pour ceux qui peuvent se reconnaître dans l’un de ces camps, c’est la division, la guerre contre l’autre partie de la population. Et pour les autres ?
• Les programmes électoraux qui proposent un paquet d’idées à prendre ou à laisser, impossible d’y faire le tri nous ne choisissons que la personne qui les portera.
• Le pouvoir de décision de l’élu qui peut décider des règles sans le consentement des électeurs. Que le sujet ait été abordé pendant la campagne ou non.
• La compétition électorale qui pousse immanquablement à faire des promesses démagogiques.
• L’immunité juridique d’une promesse électorale. Heureusement que l’on peut encore en rire.
• L’offre politique exclusivement issue des partis dont les adhérents ne représentent que 2% du corps électoral.
• Les qualités utiles à la victoire électorale (charisme, com, ruse, démagogie…) bien éloignées des qualités pour prendre des décisions sur le bien commun (morale, convictions, honnêteté…).
• Un système verrouillé par le principe partisan et l’argent. Si un individu, armé de ses seules convictions peut devenir maire d’une petite ville, il n’en est rien pour les grandes villes et encore moins pour les régions, un état ou une confédération comme les États-Unis. Il faut une carrière dans un parti politique puissant et de l’argent, beaucoup d’argent.
• La corruption difficile à éviter dans un système opaque qui a besoin de beaucoup d’argent et dont les règles de fonctionnement sont déterminées par ceux-là mêmes qui l’utilisent.
• Le lobbying qui n’est pas une mauvaise chose en soi mais il est caché, nous n’avons aucun moyen d’en mesurer l’impact et ceux qui sont influencés.
• La passivité citoyenne entre deux élections. On ne nous demande plus notre avis.
• Le résultat d’une élection basé sur les votants ce qui implique que si vous ne votez pas pour un candidat, ou si vous votez blanc, vous votez en fait pour les deux candidats à part égale. Nous n’avons donc aucun moyen de rejeter les deux candidats.
• Le choix du moins pire est exactement ce que représente l’élection aujourd’hui avec deux candidats présélectionnés.
• Tout est fait pour deux grands partis, le principe du “vote utile” en est un bon exemple.
• La seule punition possible à l’encontre d’un élu est de ne pas voter pour lui la prochaine fois. Mouse land ?

Ce terme de démocratie est tellement omniprésent, tellement attaché à notre régime qu’on ne se pose plus trop de question à son sujet. On en vient à l’utiliser pour désigner nos sociétés modernes et toutes les valeurs qu’elles défendent comme la liberté, au-delà donc de la notion de souveraineté, par opposition aux méchantes dictatures où les élections n’existent pas. Car oui, une élection libre est le symbole de la démocratie. Nous en arrivons à chérir notre démocratie par amour de nos valeurs de liberté et par rejet de la dictature, tout en dénigrant son organisation et la classe politique qui nous dirige.”

Dans ce monde littéralement phagocyté par la finance, la compétitivité (qui commence aussi dès l’école avec les “notes”) et la sainte croissance éternelle, nous gesticulons pour avoir des droits qu’on nous enlève pourtant régulièrement avec cynisme et détermination.

Pensez-vous que dans une réelle démocratie où le peuple déciderait de tout, on aurait des OGM, des additifs partout, des pesticides et autres poisons, qu’on accepterait les guerres, les génocides, la destruction massive de la planète et de tout ce qui y vit, qu’on voudrait continuer à accepter que 1% de la population tienne en esclavage tout le reste du monde ? Il faudrait sans doute un livre entier pour détailler tous les scandales qui se passent sous nos yeux actuellement… La démocratie est une illusion volontaire pour qu’on continue à évoluer tête baissée, sans regarder au fronton des mairies : liberté, égalité, fraternité, qui sont des mots vides de sens désormais…

Kathy. P

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2 reflexions sur “De l’illusion de la démocratie

  1. yann

    Attention à la conclusion:
    “Car oui, une élection libre est le symbole de la démocratie” = ???

    Non, justement, c’est la novlangue qui nous a fait accepter que “élection = démocratie”,
    historiquement l’Élection est l’apanage des aristocrates, l’Élection est la “démocratie” des riches qui ne veulent pas d’un roi héréditaire au-dessus d’eux et qui se donnent donc un chef, choisi parmi eux-mêmes.

    C’est la votation qui est le symbole de la démocratie!
    Ce n’est pas par hasard que nos médias mélangent copieusement et systématiquement “voter” et “élire”.
    Est-ce que “voter” et “élire” sont des synonymes?
    On vous dit “allez voter, c’est votre devoir”, mais en vérité, on vous demande seulement d’élire, jamais de voter (donner votre opinion sur une loi, une question, etc…)

    “La démocratie est une illusion volontaire”,
    non, non, non, ce n’est pas de la démocratie,
    retrouvons le sens des mots qui a été perdu depuis presque 200 ans.
    Ne m’appelez plus “démocratie” car ça fait longtemps qu’ils m’ont abandonné.
    La vraie démocratie est définitivement volontaire et bien ancrée dans le réel.

    “C’est la doxa du système de représentativité par l’élection qui est une illusion volontaire”, entretenue par notre oligarchie et fidèlement suivie par nos électeurs du dimanche électoral…

    1. Kathy. P

      « Car oui, une élection libre est le symbole de la démocratie »
      Ce n’est pas ma conclusion mais celle de la page web que je cite. Il faut aller lire la suite, c’est passionnant. Là, il dit bien que c’est le symbole car c’est devenu le symbole. Et pour beaucoup de gens, ça l’est encore malheureusement…

      “« La démocratie est une illusion volontaire »,
      non, non, non, ce n’est pas de la démocratie,”
      Où ai-je dit que c’était la démocratie ? Je dis qu’on nous en donne l’illusion volontairement, c’est différent.

      Donc, nous disons la même chose 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer